
Office Hours Whotrain : ce que les formateurs disent vraiment de l’IA
Retour sur le premier Office Hours Whotrain : comment les formateurs utilisent l’IA, quelles limites ils identifient et comment elle transforme leur métier.
OFFICE HOURS
Erwan Le Verger
3/6/20265 min read
Formateurs et IA : ce qu'on a appris lors de notre premier Office Hour
Première édition des Office Hours Whotrain — retour sur une heure de partage entre formateurs indépendants sur le sujet qui agite toute la profession.
Jeudi dernier, nous avons inauguré un nouveau rendez-vous : les Office Hours Whotrain. Le principe est simple — une heure d'échange libre entre formateurs de notre communauté, autour d'un sujet qui les concerne au quotidien. Pour cette première, le thème s'est imposé de lui-même : comment intégrer l'IA dans nos pratiques de formateurs, et comment accompagner nos apprenants face à cette transformation ?
Autour de la table virtuelle : des profils variés — consultante en compétences, formatrice en anglais professionnel, spécialiste QVT, experte en management et soft skills, formateur BTP et industrie, commercial terrain… La diversité des parcours a rendu la discussion particulièrement riche.
La question du contrat : jusqu'où aller ?
Un point central de nos échanges a porté sur la responsabilité du formateur. Quand on intervient en entreprise, on a un contrat — une convention, des objectifs, un programme. Mais est-ce que ce contrat inclut le fait de parler d'IA ? Est-ce qu'on est mandatés pour être le révélateur d'une transformation que l'entreprise elle-même n'a souvent pas encore actée ?
La réalité du terrain est parlante : la grande majorité des entreprises n'ont pas de politique IA structurée. Certaines laissent faire du "shadow IA" — chacun bricole dans son coin — tandis que d'autres n'ont tout simplement pas commencé à se poser la question. Dans ce contexte, le formateur se retrouve dans une position délicate : peut-on être un bon formateur si on fait l'impasse sur l'IA ? Et en même temps, est-ce vraiment notre mission de bousculer les lignes ?
Notre conviction, c'est qu'il y a un juste milieu. Cela passe par une discussion franche avec le client en amont : Vous en êtes où au niveau de l'IA ? Jusqu'où je peux aller ? Quelles sont vos limites ? Poser ce cadre protège le formateur tout en ouvrant la porte à des interventions pertinentes.
L'idée clé : faire confronter l'apprenant à l'IA pour révéler sa valeur ajoutée
Le moment fort de la session est venu de Jean-Paul, formateur en BTP et industrie depuis une quinzaine d'années. Sa méthode : à chaque programme qu'il conçoit pour un client, il mène une démarche parallèle avec l'IA. Il compare ce que l'IA proposerait avec ce qu'il construit à partir de son expertise terrain. Pourquoi ? Parce qu'il sait que son client va faire exactement la même démarche.
Cette approche a déclenché un déclic collectif. Et si c'était ça, la clé pédagogique ? Faire faire la recherche par les apprenants eux-mêmes, les laisser confronter le résultat de l'IA à la réalité de leur métier, et les amener à identifier ce qui va — et surtout ce qui ne va pas. C'est dans cet écart que se révèle la valeur ajoutée humaine.
Corinne, formatrice en anglais professionnel, a illustré ce point avec un exemple concret : des apprenants avaient utilisé l'IA pour créer une newsletter, obtenant un résultat visuellement impeccable… mais sans date ni lieu d'événement. L'effet "waouh" avait masqué l'absence totale de vérification. La leçon est là : l'IA produit vite et bien en surface, mais c'est le discernement humain qui fait la différence.
De la facilité à l'exigence : le vrai défi pédagogique
Une autre piste a émergé des échanges, et elle est puissante. L'IA est souvent associée à la facilité : je pose ma question, j'ai ma réponse. Mais pour un formateur, l'enjeu est d'amener l'apprenant de la facilité vers l'exigence. Si une tâche qui prenait une heure n'en prend plus que trois minutes grâce à l'IA, que fait-on des 57 minutes restantes ? Comment transformer ce gain de temps en gain de qualité ?
C'est là que la créativité et la sensibilité humaine entrent en jeu. Jean-Paul a trouvé une belle image pour résumer cette idée : l'IA te donne la recette du plat. Mais c'est toi qui décides si c'est un plat de cantine ou un plat étoilé. La personnalité, le ressenti, l'adaptation au contexte — c'est ce qu'aucune IA ne peut remplacer, et c'est précisément ce qu'un bon formateur doit cultiver chez ses apprenants.
Comment les formateurs utilisent déjà l'IA
En fin de session, un tour de table rapide a révélé que la plupart des participants utilisent déjà l'IA dans leur pratique quotidienne, principalement pour trois usages.
Le premier est la confrontation d'expertise : tester ses idées pédagogiques, challenger une ingénierie de formation, comparer son approche à ce que proposerait l'IA. Plusieurs formateurs décrivent exactement ce processus — travailler d'abord de leur côté, puis soumettre le résultat à l'IA pour identifier des angles morts ou des alternatives.
Le deuxième est la génération de scénarios pédagogiques : l'IA excelle à produire des ébauches de mises en situation, des cas pratiques, des variantes qu'on peut ensuite affiner et adapter à son public.
Le troisième est le développement commercial et stratégique : prospection, rédaction de mails, réflexion sur le positionnement… À condition de nourrir l'IA avec les bons référentiels — son éthique, son manifeste, son positionnement — pour éviter des suggestions déconnectées de sa réalité.
Un point d'attention partagé : le regard critique reste indispensable. Chaque IA a ses biais culturels — souvent américains — et ses limites. Mixer les outils, croiser les réponses, ne jamais prendre un résultat pour argent comptant : c'est le réflexe que ces formateurs ont développé, et qu'ils transmettent à leurs apprenants.
Le mot de la fin — et des nouvelles de Whotrain
Cette première session a confirmé ce qu'on pressentait : les formateurs indépendants sont en première ligne de la transformation IA, et ils ont besoin d'espaces pour échanger, se challenger et construire ensemble des réponses concrètes.
Côté plateforme, nous avons profité de ce moment pour partager quelques avancées. Nous avons retravaillé l'onboarding pour réduire les frictions à l'inscription — une nouvelle version arrive dans les prochains jours. Le modèle de rémunération a été clarifié : 15 % de commission quand la plateforme apporte le client (incluant le commercial, les outils et la conformité Qualiopi), et seulement 12 % quand le formateur amène son propre client. Et côté entreprises, nous lançons une offre freemium pour faciliter la prise en main.
En attendant que tout cela se mette en place, nous encourageons chaque formateur à continuer d'enrichir son catalogue sur la plateforme : c'est votre vitrine, votre référencement, et la première chose que verront les entreprises.
Les Office Hours Whotrain, c'est le premier jeudi de chaque mois, de 12 h à 13 h. Un format léger, entre pairs, pour avancer ensemble. Si vous êtes formateur indépendant et que ces sujets vous parlent, rejoignez-nous sur la plateforme.
Vous avez une question ou un thème que vous aimeriez voir abordé lors d'une prochaine session ?
Envoyez-nous un message ou postez le sur le canal Discord— on les met au menu du jour.


L'IA en formation : un sujet qui dépasse l'outil
Premier constat partagé par l'ensemble des participants : l'IA n'est pas un outil comme les autres. Quand un formateur présente Trello ou Canva en salle, personne ne remet en question son métier. Avec l'IA, c'est différent. Parler d'intelligence artificielle dans une formation, c'est immédiatement toucher à la conduite du changement — dans le métier de l'apprenant, dans son équipe, dans toute l'entreprise.
Constance, formatrice en management et soft skills, a posé le cadre avec justesse : pour elle, l'enjeu n'est pas de devenir experte en IA, mais de se positionner sur la réassurance et l'accompagnement du changement. Les apprenants ont besoin de comprendre ce que cette transformation signifie pour eux, pas simplement d'apprendre à prompter.
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