Upskilling et reskilling : les vrais enjeux.

La montée en compétences et la reconversion des salariés sont devenues des enjeux stratégiques pour les entreprises confrontées à la transformation rapide des métiers. Cet article analyse les vrais défis de l’upskilling et du reskilling et interroge le rôle des formations, des organismes et des formateurs dans la performance durable des organisations.

Erwan Le Verger

1/19/20263 min read

Upskilling et reskilling : les vrais enjeux.

Pendant longtemps, la formation a été perçue comme un levier parmi d’autres. Aujourd’hui, elle devient une condition de survie et de croissance pour les entreprises françaises, tous secteurs confondus. Digitalisation accélérée, transformation des métiers, pénurie de compétences, turnover… les repères bougent plus vite que les organisations.

Dans ce contexte, deux notions reviennent systématiquement dans les échanges RH : upskilling (montée en compétences) et reskilling (reconversion). Mais derrière ces mots, une question demeure souvent sans réponse claire : comment former efficacement, avec qui, et pour quel impact réel ?

La vraie problématique : former vite, bien… et durablement

Les entreprises n’ont jamais autant parlé de compétences, et pourtant beaucoup de plans de formation peinent à produire des résultats tangibles. Le problème n’est pas l’intention. Il est souvent structurel.

Former aujourd’hui suppose de répondre simultanément à plusieurs enjeux : anticiper les évolutions des métiers, accompagner des équipes hétérogènes, choisir des formations réellement utiles, et sécuriser des parcours dans un cadre réglementaire de plus en plus exigeant. Or, trop souvent, la formation reste déconnectée du terrain ou pensée comme une réponse ponctuelle à une urgence immédiate.

Comment faire de l’upskilling et du reskilling un investissement stratégique, et non une dépense subie ?

Upskilling : développer les compétences existantes sans décrocher du réel

L’upskilling consiste à renforcer les compétences des collaborateurs pour suivre l’évolution de leur métier. Sur le papier, l’approche est évidente. Dans la pratique, elle se heurte à plusieurs obstacles.

Les contenus proposés ne sont pas toujours adaptés aux usages réels. Les formations sont parfois trop théoriques, trop généralistes ou déconnectées des contraintes opérationnelles. Résultat : des collaborateurs formés… mais peu outillés pour changer leurs pratiques.

Qui conçoit la formation ? Est-ce un organisme qui comprend réellement les enjeux métiers, ou un prestataire qui applique des programmes standardisés ?
Le choix du formateur et de son expérience terrain joue ici un rôle déterminant.

Reskilling : reconvertir sans désorganiser

Le reskilling répond à une autre urgence : celle des métiers qui disparaissent ou se transforment en profondeur. Reconvertir des collaborateurs est souvent plus pertinent que recruter, mais c’est aussi plus complexe.

Cela suppose d’identifier des potentiels, de sécuriser des parcours longs, et de maintenir l’engagement des salariés dans la durée. Trop d’entreprises sous-estiment encore l’effort pédagogique et humain que cela implique.

Une question centrale se pose alors aux décideurs formation : dispose-t-on des bons partenaires pour accompagner ces transitions, ou se contente-t-on de solutions par défaut ?

Le rôle clé des formateurs dans la réussite des dispositifs

Qu’il s’agisse d’upskilling ou de reskilling, la qualité de la formation repose largement sur celles et ceux qui la dispensent. Pourtant, le rôle des formateurs reste souvent invisible dans les décisions d’achat.

Beaucoup de dispositifs privilégient la marque de l’organisme plutôt que l’expertise réelle du formateur. Or, ce sont bien les formateurs qui adaptent les contenus, répondent aux questions du terrain, gèrent les résistances et transforment une formation en expérience utile.

Les entreprises savent-elles réellement avec qui elles travaillent lorsqu’elles achètent une formation ?

Former, oui… mais pour quoi mesurer ?

Un autre point souvent négligé concerne l’évaluation. Former sans mesurer l’impact revient à piloter à l’aveugle. Satisfaction des participants, évolution des compétences, transfert sur le poste de travail : ces indicateurs sont essentiels pour ajuster les stratégies formation.
Or, dans de nombreuses organisations, l’évaluation se limite encore à un questionnaire de fin de session, rarement exploité.

Comment améliorer un dispositif si l’on ne dispose pas de données fiables sur son efficacité ?

Upskilling et reskilling : une opportunité de repenser le modèle

La montée en compétences et la reconversion ne sont pas seulement des réponses à une crise des compétences. Elles sont aussi une opportunité de repenser la manière dont les entreprises travaillent avec les organismes de formation et les formateurs.

Transparence des coûts, clarté des offres, choix des intervenants, suivi des parcours, évaluation des résultats : autant de leviers encore sous-exploités, alors même que la formation devient un enjeu stratégique.

La vraie question n’est donc plus faut-il former ? Mais bien :
Comment structurer une formation utile, lisible et durable, au service de la performance et de l’employabilité ?

Ces questions sont au cœur des réflexions que nous menons chez Whotrain sur l’évolution du marché de la formation professionnelle et les nouvelles façons de connecter entreprises et formateurs.